Les phares des côtes d’Armor

Je n’ai pas beaucoup d’idées en ce moment. Alors, j’ai pensé que je pourrais vous faire découvrir les jolis phares qui illuminent les côtes de la Manche de mon département. Je ne peux pas parler de tous les phares de France, je n’aurais pas assez de temps et surtout je ne suis pas assez calé, donc je me limite aux phares des côtes d’Armor.
 Première question déjà : A quoi servent les phares ? 
Les phares servent à guider les bateaux dans la nuit.
 Le dispositif de signalisation maritime constitué de 4 éléments principaux :
– un piédestal plus ou moins élevé par rapport au niveau de la mer. Cet édifice est bien souvent une tour située sur un promontoire (falaise, sommet surplombant la mer….) . Différents matériaux peuvent être utilisés pour sa construction (bois, métaux, pierres de taille…)
– une lampe produisant de la lumière
– un système optique pour concentrer cette lumière en la dirigeant vers l’horizon
– une lanterne pour protéger la lampe et l’optique des intempéries .

 
 Un peu de culture ! (ça ne fait jamais de mal)
Phare : le mot phare vient de l’île Pharos située en Alexandrie.
Ce sont les Egyptiens de Pharos d’Alexandrie qui ont trouvé l’idée de projeter des lumières sur la mer pour éviter les naufrages.

Il manque sur la carte ci-dessous le plus beau des phares des Côtes d’Armor, le phare des Roches Douvres, j’en parlerai aussi.

Bonne visite à tous sur les côtes de Bretagne

Tous ces phares ont été doublés par les concurants de la course « la route du rhum » En général moi je regarde les bateaux passés à la pointe de Bilfot, comme ça je peux voir aussi en même temps le phare de l’Host-pic. 
Nous allons commencé notre visite par le phare le plus au nord, celui du cap Fréhel.

Le phare du cap Fréhel :

Le phare actuel, construit de 1946 à 1950 sur la pointe du Cap Fréhel, à près de 70 m au-dessus des flots, succède à 2 constructions plus anciennes implantées sur les mêmes lieux. Il éclaire et sécurise fortement le passage de la baie de Saint-Brieuc vers la rade de Saint-Malo très difficile d’accès car battue par les vents.


  

Remontons un peu plus vers l’ouest et nous arrivons au phare du Grand Léjon.

  Le phare du Grand Léjon se situe en mer à 9 milles (environ 16,5 km) au large de Saint-Quay-Portrieux , à l’extrémité sud du plateau du Grand Léjon. Il indique l’entrée de la baie de Saint-Brieuc.
La construction du phare se fit en deux étapes. De 1859 à 1862, une première tour tronconique est érigée en maçonnerie, afin de recevoir un feu. En 1879, des travaux d’exhaussement sont entrepris. Le 20 juin 1881, le feu est allumé au sommet de la tourelle désormais exhaussée à 23,40 m de hauteur pour porter le feu et abriter les gardiens.

En 1888, un signal sonore fut installé à la demande des marins. En effet, le signal lumineux était inefficace par temps de brume. Un mécanisme à marteaux actionnés par la houle équipa la tourelle.

 

Nous voilà maintenant carrement au bas de mon Jardin. Il y a un joli petit phare : Le phare de L’Ost-Pic

Le phare de l’Ost-Pic se situe sur le rocher de Lost-Pic dans le Mez-de-Goëlo sur la communede Plouézec.
Une pétition des marins-armateurs de Paimpol, présentée et soutenue par le député Armez le 12 août 1890 à l’assemblée départementale, demande la construction et l’allumage d’un feu sur l’îlot Lost Pic pour baliser de nuit l’entrée de la baie de Paimpol pour les navires qui viennent de l’est ou du nord de la baie de Saint-Brieuc. Les projets précédents avaient tous été refusés par l’administration des Ponts et Chaussées : projet de feu sur la pointe de Minard en 1861 et à la Coromandière (1862), en 1872 sur le Grand Metz de Goëlo, projet de feu à Bilfot, à la pointe de la Vierge en 1885, et en 1883, projet d’établissement d’un fanal sur le sémaphore, pour l’atterrage à Port Lazo, avec un appareil de 0,30 de distance focale, établi sur le mât de pavillon du sémaphore (le service étant assuré par les guetteurs). Le fanal de Lost Pic sera enfin construit à l’entrée de l’anse de Paimpol, établi sur la roche de Lost Pic, roche dénudée faisant face au continent et plus particulièrement à la pointe de Bilfot, distante de 1300 mètres. Il complète le feu de Pors Don, allumé en 1880, mais demeurant très insuffisant pour s’aventurer dans la baie de Paimpol, en venant du large, après avoir contourné le plateau de la Horaine. Le projet d’un feu de 4e ordre, dessiné en 1892 par l’ingénieur ordinaire Guillomoto, sera réalisé en partie en régie directe pour les travaux préparatoires. L’adjudication des travaux à l’entreprise eut lieu au mois de mai 1893. L’entrepreneur Stourm avec lequel le contrat avait été passé, termina la construction de l’édifice au mois d’avril 1894. La maison-phare offre un logement pour une famille de gardiens. Mais le feu de Lost Pic fut transformé en feu permanent non gardé en 1912. Il est aujourd’hui automatisé.
L’appareil d’éclairage d’origine était composé d’un feu fixe de 0,50 m de diamètre avec un dispositif de clignotement éclairant deux secteurs colorés, l’un en blanc et l’autre en feu rouge. Ce feu fonctionnait à l’huile minérale. En 1912, le feu de Lost Pic fut transformé en feu à incandescence par l’acétylène dissous, fonctionnant sans gardien permanent. En 1936, on substitua le propane à l’acétylène au feu de Lost-Pic. L’optique fut détruite à la fin de la Seconde Guerre Mondiale par les troupes d’occupation. Le feu définitif fut rallumé le 19 mars 1948.
Le feu fonctionne avec des accumulateurs de 24 v, alimentés par un aérogénérateur installé sur la tour et par un aérogénérateur solaire photovoltaïque.
De la table d’orientation située au bout de la pointe de Bilfot, la vue s’étend de l’Ile de Bréhat à l’ouest au Cap Fréhel à l’est. Le fanal de Lost-Pic fait face à la côte, amer à la fois symbolique et mémoriel, il rappelle l’histoire maritime du Goëlo et des débuts de la signalisation maritime, lorsque le clocher de Plouézec et le moulin du Craca et de représentaient les seuls amers pour les navigateurs. 
 Un peu d’histoire :  L’opération Fahrenheit :
Dans la nuit du 11 au 12 novembre 1942, la vedette rapide MTB 344 de la Royal Navy va transporter et débarquer vers la pointe de Bilfot un commando de onze hommes, avec pour mission de détruire la station sémaphore et de faire des prisonniers afin de créer le trouble et de harceler les troupes d’occupation allemandes. L’attaque eut lieu le 12 novembre à 3 h 10. Les commandos investirent le périmètre de la station et tuèrent l’une des sentinelles, blessant les trois autres soldats allemands. Les Anglais de la « Small scale raiding force » et du commando n° 12 ne purent pas ramener de prisonnier, mais ne déplorèrent aucune perte. L’opération aurait été impossible à mener sans les informations fournies par un résistant Claude Robinet du Réseau 31 (appelée « la bande à Sidonie »), qui avait volé dans le sémaphore le plan de défense des Allemands, qu’il était allé lui-même porte à Londres, en embarquant à bord de la vedette « Korrigane ». Un télégramme adressé à Churchill témoignera de la réussite de l’opération Fahrenheit, qui entrera ainsi dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.


 Nous arrivons maintenant dans les eaux de l’archipelle de Bréhat et des ses 4 phares. Ceux qui connaissent les lieux comprendront facilement pourquoi il y a tant de phares dans un si petit périmètre. Moi qui fait de la voile dans ces lieux là je peux dire qu’il y a beaucoup de cailloux. Pour rire certains ont baptisés les lieux « le jardin du petit Poucet » la visite commence par : 

Le phare du Paon dur le nord de l’île de Bréhat.

Le phare du Paon est situé sur la roche du Paon au nord de l’île de Bréhat au large  de Paimpol
Avec le phare du Rosédo il donne la direction du passage par l’écueil de la Horaine.
Un premier projet de construction de phare fut autorisé dès 1855.
La construction finale est terminée en 1860. C’est une tourelle carrée avec un corps de logis. Le premier feu est un feu fixe rouge. Il est ensuite remplacé dès 1880 par un appareil catadioptrique avec un feu fixe à secteurs rouges et blancs, puis, en 1895, par un feu fixe à secteurs blancs, rouges et verts.
En 1942, le feu est électrifié. En 1944, le phare est dynamité par les troupes allemandes.
Phare actuel
En 1952, le phare du Paon est reconstruit à l’identique, en granite rose de Bréhat. Il est automatisé.

 

  

Un peu au sud ouest de l’île nous rencontrons le phare du Rosédo (C’est également le nom d’un des bateau des vedettes de Bréhat)

Le phare du Rosédo, érigé à l’ouest de l’île de Bréhat est indissociable de son jumeau, le Paon, situé, lui, sur la pointe nord de l’île.
Le premier indique l’entrée du Trieux, le second les abords de Bréhat, mais ils partagent un destin commun. La construction des deux maisons-phares est entamée en 1860.
En août 1944, Rosédo et le Paon font partie des 170 phares détruits par les Allemands sur l’ensemble du littoral français. Dès septembre 1944, un état des lieux du balisage rescapé est entrepris. Il est décidé de rétablir le plus tôt possible l’éclairage des côtes de Bréhat. Rosédo, phare gardienné mais non visitable, est restauré dans les années cinquante. par les architectes Auffret et Hardion.
Les deux Malouins à l’origine de la renaissance des phares du Grand-Jardin, Rochebonne et des Roches-Douvres privilégient la pierre plutôt que le béton pour Rosédo, malgré l’urgence de la reconstruction.
Un sémaphore est aussi présent à proximité ; haut de 32 m , il a été construit en 1862

  

Nous arrivons maintenant dans l’estuaire du Trieux pour découvrir un phare à la forme particulière, le phare du Bodic :

Le phare de Bodic n’est pas un phare comme les autres à cause de son architecture particulière. Situé à Lézardrieux , le phare de Bodic se trouve sur l’estuaire du Trieux sur une presque île sauvage du Trégor à quelques kilomètres de Lannion. Sur une superficie de 1300m² environ, le phare de Bodic est accolé à un mur, de qui ne lui confère pas la forme cylindrique des phares traditionnels. Toujours gardienné actuellement, le phare de Bodic ne fait toutefois pas l’objet de visites guidées. Le phare de Bodic fait partie des lieux et monuments à voir à Lézardrieux tout comme le pont suspendus, la place de l’église, la chapelle du hameau de Kermouster ou encore l’estuaire de Trieux.

 

Nous voilà sortis du Trieux et en pleine mer vers le grand large. Un nouveau phare est là pour nous guider. Les Héaux de Bréhat: 

Achevé en 1839, le phare, qui s’élève à plus de 47 mètres au-dessus des plus hautes mers, est inauguré le 1e r février 1840.
Situé à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de l’île de Bréhat, ce phare balise le débouché occidental du golfe de Saint-Malo. Deuxième phare français érigé en mer, il est constitué d’un pied très évasé et d’une tour cylindrique en granit.

Sa construction fut une entreprise particulièrement délicate car le phare s’élève dans une zone de récifs parcourue de déferlantes et de courants violents, portant le nom d’épées de Tréguier.
Un défi technique et personnel
1834. La commission des Phares confie au jeune ingénieur Léonce Reynaud, alors âgé de 32 ans, la difficile mission de construire un phare en mer sur un plateau rocheux n’émergeant qu’à marée basse. Reynaud est stimulé plutôt que refroidi par ces contraintes techniques.
En revanche, l’entrepreneur ayant remporté l’appel d’offres, lancé en 1835, recule devant des difficultés qu’il juge insurmontables et résilie son contrat. Son concurrent, choisi pour le remplacer, en fait de même quelques mois plus tard. Le chantier ne démarre donc réellement qu’en 1836.
Il installe sa base à Bréhat, où il réceptionne le granit de l’île Grande, le bois provenant de Saint-Malo et la chaux acheminée depuis la Loire. Jusqu’à soixante ouvriers, logés sur une plateforme installée à quatre mètres au-dessus de la mer, travaillent sur le chantier dans des conditions particulièrement éprouvantes. Ils menacent de quitter leur poste à plusieurs reprises et ‘administration doit leur verser des primes pour les persuader de finir leur ouvrage.

Achevé en 1839, le phare, qui s’élève à plus de 47 mètres au-dessus des plus hautes mers, est inauguré le 1er février 1840. La réussite de son ambitieux projet impose dès lors Reynaud comme digne successeur de Fresnel. Décapitée au cours de l’été 1944, la tour a été surélevée d’un étage lors de sa reconstruction après-guerre.
Doté d’une éolienne et automatisé en 1982, le phare ne se visite pas.

   

Quittons l’archipel de Bréhat et faisons route a l’ouest vers les rochers roses de Ploumanac’h et vistons maintenant le phare de Ploumanac’h. le phare « Mean Ruz »

Les abords maritimes du port de Ploumanac’h sont difficiles pour la navigation. La passe étroite, parcourue par de violents courants, est signalée par le phare de Men-Ruz. Un premier édifice, érigé en 1860 en granit gris de l’ile Grande, signale sa position par un feu rouge fixe. Un gardien y habite et tient un cahier sur lequel les visiteurs peuvent consigner leurs observations. Détruit par les Allemands le 5 août 1944, il est remplacé par un nouveau phare en granit rose. C’est un feu rouge à occultations avec un secteur blanc. Sa portée par nuit claire est de 11 milles marins, soit environ 20 kilomètres. Le secteur blanc couvre la partie est du chenal des Sept-Îles entre Tomé et Rouzic. Son fonctionnement est automatique.

 

Nous voilà en route vers l’Atlantique, le grand large, nous allons croiser les 7 îles et son phare qui est posé sur l’île aux moines.
Le phare des 7 îles :

L’archipel des Sept-Iles, en Côtes-d’Armor, est constitué de l’île Rouzic, de l’île Bono et de l’île-aux-Moines.
C’est une réserve ornithologique qui compte l’une des plus belles colonies européennes de fous de bassan. Seule l’île-aux-Moines, où s’élève le phare, est accessible.
Le 5 avril 1831, à Paris, l’ingénieur hydrographe Beautemps-Beaupré et le directeur de la Commission des Phares, Léonor Fresnel, alertés par l’insuffisance de l’éclairage des côtes bretonnes, signalent l’urgence qu’il y a d’établir sur l’île-aux-Moines un fanal à feu fixe varié par des éclats
Un premier feu en 1835
Le souhait de Léonor Fresnel, dans l’intérêt de la navigation, est que ce phare soit en état de fonctionner dès le 1er septembre, au retour des Terre-Neuvas. Vain espoir, car l’île-aux-Moines relève du Ministère de la Guerre, ce qui ne facilite pas le transport des ouvriers et des matériaux.
Finalement, le feu est allumé le 1er mai 1835. Déjà, en 1831, le directeur des Phares avait fait observer que le point culminant de l’île Bono masquait en partie le fanal. Ce n’est que 20 années après, en 1853, qu’il est décidé de bâtir, accolée à la première, une nouvelle tour de forme carrée et de quinze mètres de hauteur. Le 10 septembre 1854, à la tombée de la nuit, le nouveau phare des Sept-Iles s’allume enfin.
A la force du vent
Le 4 août 1944, le phare de l’île-aux-Moines est détruit par l’occupant allemand. Sa reconstruction est entreprise dès 1949. Il est rallumé en juillet 1952. Huit années plus tard, les premiers essais d’utilisation d’un aérogénérateur fournissant l’énergie nécessaire au phare sont réalisés et pérennisés.

 Aujourd’hui, l’énergie éolienne du phare des Sept-Iles ne souffre d’aucune concurrence sur le littoral français.
 

Nous voilà au dernier phare des côtes d’Armor, après nous passons la main aux phares du  Finistère.

Le phare des Triagoz.


Le phare des Triagoz a été construit sous la direction des ingénieurs de Lézardrieux : Dujardin et Pelaud en 1864. Il a fonctionné au pétrole jusqu’en 1981 et fut ensuite électrifié avant d’être automatisé en 1984. Il est maintenant équipé d´un petit fanal et d´un aérogénérateur, mais son état général ne cesse malheureusement de se dégrader. Dans « La revue des Deux Mondes », datée de 1899, l’auteur le général O. Baratière, décrit le phare des Triagoz, comme « la violente fusée pourpre des Triagoz ».
Le phare des Triagoz (1864) a perdu sa lanterne en 1981, lors de l´électrification et de l´automatisation de son feu. Toutefois, signe d´une prise en compte de la richesse de son patrimoine, la subdivision de Lézardrieux a démonté l´ensemble de l´appareillage pour le restaurer et l´exposer dans ses locaux : l´ensemble de son équipement intérieur composé d´une optique de grande taille (0,70m focale), d´un ensemble tournant permettant l´occultation par intermittence du faisceau, et d´un groupe à vapeur de pétrole servant à l´alimentation du fanal. La lanterne est visitable sur demande.

 

L’édifice est construit entièrement en granite bicolore et présente une architecture de tour crénelée avec échauguette à son côté (servant occasionnellement de pigeonnier). Une plateforme a été aménagée au niveau du rocher où part l’élévation de la tour. Les pièces du phare sont des salles voûtées, aménagées en chambres pour les deux gardiens et l’ingénieur. Le phare a perdu sa lanterne. Une pièce au rez-de-chaussée donnant directement sur l’extérieur, sert de cuisine.
 

Voilà maintenant qu’arrive mon phare préféré. Le phare des Roches Douvres

 Le phare des Roches Douvres

A 16 milles du continent il est le phare le plus éloigné des côtes en Europe.
Le phare des Roches-Douvres est le phare de plusieurs records. C’est le dernier phare en mer construit en France. C’est le plus spacieux et c’est aussi le phare le plus éloigné du continent, puisqu’il est érigé à environ 40 kilomètres du littoral, dans la Manche, au large de Paimpol. 
Le phare des Roches-Douvres est situé à 17 milles nautiques, soit environ 30 kilomètres, dans le Nord/Nord-Est de l’île de Bréhat et à un peu plus de 20 milles nautiques, soit une quarantaine de kilomètres, dans le Sud de l’île de Guernesey. Plus précisément, sa position géographique est : 49°06,5N 002°48,8W. Il est érigé sur un plateau rocheux très dangereux pour la navigation : entièrement recouvert par la haute mer et encerclé par des courants d’une rare violence.
Le nom « Roches-Douvres » n’a aucun rapport avec le port de Douvres. Il est une francisation du breton « Roquedouve » qui lui-même se serait formé à partir de « Roque Dou » qui signifie « les chemises » en breton. Les chemises, comme les draps blancs que l’on étendait sur la lande lors des grandes lessives et que l’on voyait de très loin, par analogie avec la blancheur de la houle que de très loin, on voit déferler, en approchant du plateau des Roches-Douvres.
Historique
En 1832, le cartographe Charles-François Beautemps-Beaupré, étudie la faisabilité de la construction d’un phare sur le plateau des Roches-Douvres. Mais les techniques de construction de l’époque ne sont pas assez fiables pour entreprendre un tel chantier, aussi éloigné des côtes. Le projet est alors abandonné.
Il faudra attendre 30 ans pour qu’il renaisse. En raison de l’éloignement du site et des difficultés d’accostage, la commission des Phares décide d’ériger sur le plateau des Roches-Douvres, un phare métallique préfabriqué, dont le montage pourra se réaliser en un temps record. Léonce Reynaud, architecte des Phares et Balises, à qui l’on doit, entre autres, la gare du Nord à Paris et le phare des Héauts de Bréhat, milite pour cette technique prometteuse qui n’a pas encore dévoilé ses limites.
Le phare des Roches-Douvres sera le phare jumeau de la grande tour métallique érigée sur l’île d’Amédée en Nouvelle-Calédonie. Il est d’abord monté à Paris sur le Champ de Mars à Paris, pour l’Exposition Universelle de 1867, puis démonté et transporté en caisses (plus de 1 300 caisses) jusqu’à l’île de Bréhat avant d’être acheminé progressivement jusqu’aux Roches-Douvres et remonté comme un jeu de mécano sur son emplacement définitif. Le remontage va durer près d’un an et demi. Du haut de cette tour de 57 mètres, le feu est allumé le 6 août 1869 : il fonctionne à l’huile de colza.
Construire un phare aussi éloigné du continent a été une victoire pour les ingénieurs des Phares et Balises. Mais si l’édification a représenté un exploit, la vie au phare se révélera très difficile. Constamment humide à cause de la condensation, trop souple et oscillant dangereusement sous la pression des vents, la tour métallique est de surcroît malsaine et bruyante pour les malheureux gardiens qui y sont affectés. C’est un four en été, une glacière en hiver, et les gardiens doivent supporter les vibrations de l’édifice, le manque d’isolation et d’aération. Esseulés à plus de trois heures de mer du continent, les gardiens n’ont comme compagnie que quelques oiseaux. Parfois, quand la météo le permet, les Terre-Neuvas viennent leur rendre visite avant de rejoindre Saint-Malo. Mais les occasions sont rares et les gardiens redoutent la longueur du séjour au phare.
« Aux Roches-Douvres, personne Les oiseaux de mer sont là chez eux. Des Roches-Douvres, on ne voit rien. Tel est l’isolement de ce rocher. Tout autour l’immense tourment des flots. La rafale, l’eau, la nuit, l’illimité, l’inhabité. »
Victor Hugo (Les Travailleurs de la mer)
En 1888, pour tenter d’améliorer les conditions de vie des gardiens, l’administration donne son accord pour la construction d’un pigeonnier dans l’une des hunes métalliques, afin de permettre aux gardiens de communiquer avec le continent. Elle tente également d’améliorer l’isolation du phare, mais en vain… Ces efforts ne suffisent pas, les conditions de vie au phare restent encore trop difficiles. Le phare des Roches-Douvres vieillit mal. Il reste pourtant en service pendant 77 ans, jusqu’à sa destruction à l’été 1944 par les troupes allemandes.
Après les ravages de la guerre vient le temps de la reconstruction. André Le Bras, ingénieur de Lézardrieux, est chargé de reconstruire les phares du secteur. Pour les Roches-Douvres, il projette « un important bâtiment en maçonnerie, dont la majesté devrait en faire l’un des plus importants parmi les phares du monde entier ». La construction métallique est abandonnée pour un bâtiment en granite rose.
Par ses dimensions et la noblesse des matériaux utilisés pour sa construction, le phare des Roches-Douvres se plaçait en symbole. Il sera le dernier phare en mer construit sur les côtes françaises, et son financement, assuré par les dommages de guerre, permettra quelque démesure .
Les travaux débutent en 1947. D’abord assurés par une entreprise privée parisienne, ils sont repris en charge par le service des Ponts et Chaussées dès la deuxième année. « N’ayant obtenu aucun résultat appréciable au cours de l’année 1947, explique l’ingénieur Le Bras (qui dirige le chantier), et nous étant aperçus que cela nous coûterait trop cher, nous nous sommes faits nous-mêmes entrepreneurs. » Monsieur Le Marié, chef de chantier et Pierre Renault, chef des tailleurs de pierre, tentent de trouver des solutions pour simplifier les travaux. Deux cales de débarquement sont construites de part et d’autre du plateau rocheux pour permettre aux ouvriers de décharger sans encombre les matériaux. La construction de ces « bras de béton » nécessite l’intervention de scaphandriers. On utilise l’une ou l’autre des cales selon l’orientation du vent et de la houle.
L’éloignement du plateau rocheux et la décision d’utiliser du granite ne facilitent pas la reconstruction du phare. Ce chantier représente une prouesse pour les ingénieurs. Le granite est puisé dans un immense stock constitué par les Allemands, à Ploumanac’h. Les pierres sont taillées, puis numérotées sur le continent, avant d’être envoyées sur le chantier. Comme dans un jeu de construction, les pierres sont ensuite assemblées pour former l’un des phares les plus imposants de France. Par beau temps, il faut au moins trois heures pour se rendre aux Roches-Douvres. Si la mer est mauvaise, le temps de trajet peut facilement doubler. Pour la reconstruction du phare, il n’est donc pas question de transporter le personnel tous les jours, du continent aux Roches-Douvres. Une cinquantaine d’ouvriers est employée sur ce chantier titanesque. C’est d’ailleurs à bord d’un navire de quarante deux mètres de long, baptisé le Titan, que le personnel est logé au début des travaux. Plusieurs autres navires seront ensuite affectés au chantier. Chaque accostage est une opération périlleuse. Trois vedettes se perdront durant la durée du chantier. Dès que la mer devient mauvaise, les ouvriers cessent le travail, rangent ou amarrent solidement le matériel, puis se réfugient au plus vite dans les navires qui mouillent au large.
Pendant trois ans, les ouvriers vont travailler selon le bon vouloir de la mer. En 1950, le deuxième étage est atteint, le personnel peut désormais se loger dans le phare. Il faudra attendre novembre 1951 pour que le bâtiment principal soit achevé. Dessiné par les architectes malouins Auffret et Hardion, avec ses formes arrondies et sa galerie à « œil de bœuf », le bâtiment évoque la passerelle d’un navire. Avec ses cinq étages habitables et ses 75 fenêtres ornées de menuiseries en bois exotique, le phare des Roches-Douvres offre un cadre de vie agréable pour les gardiens qui ont connu l’austérité du phare métallique.
En décembre 1952, la tour est en phase d’achèvement. Deux types de granite sont utilisés pour constituer le fût qui culmine à plus de 60 mètres de haut. On alterne le granite rose avec un granite gris, originaire d’une carrière de Trégastel. Pour détacher la tour du ciel, les Phares et Balises décident que le haut du fût sera peint en vert. Mais l’ingénieur Le Bras se refuse à voir peindre le granite et décide donc de réaliser le haut du phare en béton.
Les travaux auront duré sept ans, avec plus de 11 000 tonnes de matériaux acheminés et plusieurs centaines d’ouvriers ayant participé au chantier. Le 1er juillet 1954, l’achèvement du phare des Roches-Douvres, marque la fin de la période de reconstruction des 135 phares détruits pendant la Seconde Guerre Mondiale. Pour saluer l’événement, les Phares et Balises n’allumeront le feu que dans la nuit du 13 au 14 juillet 1954.
Le nouveau faisceau lumineux produit par deux optiques d’une puissance de 70 Watt chacune a une portée de 24 milles. Le feu électrique est alimenté par deux groupes électrogènes ainsi que par des panneaux solaires. Les deux éoliennes installées en 1971 furent démontées à cause des conditions extrêmes auxquelles elles étaient exposées rendant leur maintenance par les agents des Phares et Balises de Lézardrieux extrêmement dangereuse et très coûteuse. L’installation de nouvelles éoliennes de type SUPERWIND va être effectuée courant 2008.
Le phare des Roches Douvres a été automatisé en octobre 2000.

 

 

Ci-dessous quelques éléments de phare, dont la lanterne du phare des Triagoz, exposés dans la cour de l’administration des phares et balises à Lézardrieux. 

 

 
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26 réflexions sur “Les phares des côtes d’Armor

  1. Voila un très belle article avec pleins de phare magnifique malgré quelque faute d’orthographe mes cela reste un très belle article .

    Merci pour toutes ses photos et ses explications .
    Beaucoup de gens vont etre émerveiller grace a ce nouveau post et surtout grace a toi mon guigui.

    Continue a mettre des articles magnifique ; ton blog va devenir une merveille meme si il les déja.

    ps: Laissez des coms sur ce nouvelle article guigui a passer beaucoup de temps a le faire alors remercier le avec des coms pleins de coms et en + il sera content et il continura a mettre des posts.

    Gros bisoux mon guigui.
    Ton kéké adoré =D

  2. mdr oui je ne manque pas d’air mes tu m’aime qu’en meme donc ca va !!

    Et ne tkt pas pour mes fautes je n’en fait pas beaucoup a l’écris ya que sur l’ordi que j’en fait.

  3. Ces explications sont formidables ,le sujet pas courant mais très instructif et très bien developpé agrémenté de très belles photos ,continues à nous faire découvrir ta très belle région .

    • Je suis en train, avec mon pote Kéké, de préparer un tour de Bretagne des phares. Mais c’est pas pour tout de suite. J’essaye de faire bosser Kévin, mais comme tous les bretons du sud, il traine.
      Merci pour ta com.
      Amitiés
      Guillaume

        • C’est vrai que tu ne traines pas, mais tu es lent comme tous les sudistes.
          Quand tu viens nous voir c’est pour t’immerger dans la manche pour retourner des sacs d’huîtres…
          Quand tu sors de la mer ton zizi ressemble plus a celui d’une fille qu’a un vrai zob de mec. lol
          Bisous mon Kéké, tu sais que je t’aime toi.
          Guillaume

  4. apart from food and wine, i also love the sea, boats and anything affiliated with either. i have yet to translate all the written words in this item, but when i have i am sure to come back with comments.
    just seeing the photos has made me smile and feel happy.
    thank you Guillaume.
    i might even try and translate my answer into french, lol,

    • Houla la ! Tu confonds tout.
      On parle là du seul et de l’unique far breton, et toi, pauvre anglais, tu oses le comparer a un pouding… J’y crois pas, Au secours. On m’assasine.
      Le far breton est unique sachez-le monsieur.
      Il ne se compare à rien !
      ça va pour cette fois, mais fais attention a toi si tu devais refaire une telle erreur.
      Bisous et à bientôt.
      Guillaume.

      Hula la! You am all confusing.
      Talking here alone and the unique far breton, you poor English, you oses the compared has a pudding… I not think there to help. It me assasine.
      Far breton is unique know the gentleman.
      It compares to nothing!
      It goes to this time, but am a toi attention if you were to repeat such an error.
      Kisses and soon.
      Guillaume.

      • To be honest Guillaume you have just confirmed what I said to you privately. My comprehension and understanding of the French language is not sufficient to conduct an intelligible dialogue, so I will refrain from making any more comments. I wish you well with your posts.
        Amities
        A bientot.
        Peter

        • Mais non, je n’étais pas sérieux, tu peux, tu dois continuer a laisser des com. C’était pour rire les remarques sur le pudding.
          Tu sais bien que les bretons aiment bien leur pays, nous sommes chauvins.
          Continu a laisser des com. Mes amis aimment bien te lire.
          Bises
          Guillaume

          But I was not serious, you can, you need to continue a leave with com. It was laughing remarks about the pudding.
          You know that the bretons love their country, we are chauvinistic.
          Continuous has let to com. Aimment friends while play you.
          Kisses
          Guillaume

  5. ben t’a raison guigui la bretagne c’est ce qu’il y a de + bo, mais moi aussi je fais de la voile et j’ai des sales souvenirs de l’entrée de nuit dans le trieux!!! vive les phares et heureusement qu’ils sont jamais en panne!!
    si tu veux ( et si j’ai le temps!!) je pe t’aider pour les phares du finistere et du morbihan
    kenavo
    bizz
    steph

  6. Demat,
    Mon ami Kéké m’a préparé un article sur les phares du Morbihan. Je ne vais pas le poster tout de suite, je crains que les gens soit un peu dégoûtés par trop de phare d’un coup.
    Trugarez, je veux bien de l’aide pour ceux du finistère.
    Je connais bien l’embouchure du Trieux. Souvent nous allons dormir au calme dans le trieux sous le château de la Roche-Jagu. C’est calme, en général. Sauf quand déboule au petit matin le sablier qui remonte sa cargaison de sable vers pontrieux. Il nous réveil a grands coups de corne.
    Kéké m’a aussi préparer un grand article sur un molusque délicieux, l’ormeaux, je crois que je vais le poster rapidement.
    Kenavo ar wech all
    karantez
    Guillaume

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