Prodiges 2016

Par Guillaume

N’habitant plus en France c’est avec beaucoup de retard que j’ai regardé l’édition 2016 de Prodiges.
Autant l’édition 2015 m’avait laissé sur un goût d’inachevé et de bâclé autant  j’ai trouvé l’émission de cette année plus respectueuse des prodiges.
Pour ceux qui n’ont pas vu cette émission je vous propose une rétrospective complète.

Tout à commencé par ça :

Je vous présente les candidats de la catégorie danse :

Clara 

Thomas

Ilonna

Jean-Baptiste

Marilou

Les finalistes de la catégorie danse sont :

Clara, Marilou et Thomas

Je vous présente les candidats de la catégorie chant :

Henri

Alexandre

Madeleine

Lucile

Vianney

Les finalistes de la catégorie chant sont :

Alexandre, Lucile et Madeleine

Je vous présente les candidats de la catégorie instrument

Sasha (Piano)

Elise (Violon)

Marin (Clarinette)

Constant (Piano)

Chanel (Harpe)

Les finalistes de la catégorie Instrument sont :

Chanel, Marin et Sasha

La Finale

Danse

Clara

Thomas

Marilou

Chant

Alexandre

Madeleine

Lucile

Instrument

Chanel

Sacha

Marin

Le gagnant

J‘ai été très impressionné par la prestation de Marin mais je pense que la rareté de l’instrument qu’il joue a pesé dans la balance.
Le candidat qui m’a le plus subjugué est un autre instrumentiste, Sasha. La qualité de son jeu est exceptionnelle et les regards vers l’orchestre et son chef fait preuve d’un grand professionnalisme. Ses sourires m’ont fait craquer.

Les « Prodiges » sont de retour
Ne pas oublier le grand concert des « Prodiges » à Lille le Vendred1 2 juin 2017 au stade Pierre Mauroy à 20h55 et retransmit en direct sur France 2.
– La plus grande chorale du monde : 10 000 Choristes
– 50 danseurs classiques
– 100 musiciens
– Les plus grands artistes de la musique classique
– Tous les prodiges de l’émission

Les autres vidéos des prodiges sont visibles sur la chaine Youtube en cliquant sur le bouton ci-dessous

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The Gameboys

Gameboys00Pour une raison inconnue toutes les vidéos que j’avais précédemment insérées dans les articles que j’avais consacré aux Gameboys ont disparues de leur chaîne YouTube. Je me retrouve donc avec des articles mais plus de vidéos.
Pour ceux qui auraient ratés les précédents article je mets ici le lien de l’article ou je vous les présentais le 1er février 2014.
Cet article a été suivi par un autre le 9 février puis le 31 mars et un dernier le 3 avril. (Vous pouvez cliquer sur les liens pour retrouver les articles)
Depuis début septembre de nouvelles vidéos toutes aussi intéressantes réapparaissent sur leur chaîne YouTube.
Je vous les présente ci-dessous en espérant que celles ci ne connaissent pas le sort des précédentes !
Je vous rassure ils sont toujours aussi bons… Je me demande s’il est bien opportun de faire chanter Sven. J’ai les oreilles qui saignent.

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Une dernière vidéo plus ancienne ou Kay joue avec son père.

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Les étudiants et le SDF

coup de coeurL’une des plus belles vidéos que j’ai vu depuis longtemps. Elle n’est pas dans la ligne de ce blog mais malgré tout elle y a sa place.
Pour tout dire j’ai eu une grosse émotion, voir les yeux qui piquent quand David me l’a fait découvrir.
A votre tour découvrir cette vidéo qui nous vient d’Allemagne.

Bars and Melody

Pour la première fois sur ce blog je vais dédicacer un article à un garçon très sympathique que j’ai rencontré il y a quelques semaines. 
À Aubry que j’aime. 

coup de coeur

Vous vous souvenez sans doute qu’il y a quelques semaines j’ai posté un article sur le jeune duo chanteurs qui a fait vibrer l’Angleterre.
Il a été en final de l’émission Britain’s got talent qu’il n’a pas gagné.
j’ai trouvé pour vous de nouvelles vidéos que je suis heureux de vous faire partager.

Bars et Melody

Charlie Lenehan (15 ans)  et Leondre Devries (13 ans), à eux deux ils forment le duo Bars & Melody (BAM) qui a complètement bouleversé le jury de Britain’s Got Talent avec leur morceau contre la violence à l’école.
Sans aucun stress apparent, les deux jeunes garçons mixent rap et chant et font lever la salle entière avec eux.
Leondre a réécrit lui-même les paroles tout en gardant la mélodie de la chanson « Hope » de Twista ft Faith Evans. Il y parle de sa propre expérience vis-à-vis du harcèlement qu’il a subit à l’école.
Tout les deux savent mélanger le chant et le rap pour faire passer le message.

Suivez le lien pour trouver les paroles de la chanson revisiter par Leondre (en anglais)  ICI

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire réentendre Hope, la vidéo qui à été vue plusieurs millions de fois et qui a reçu plus de 220 000 like.

Charlie Lenehan

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Leondre Devries

BAM Leondre BAM Leondre2

 

 

 

 

 

Bars and Melody

BAM 1

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Les Gameboys

Gameboys000

Trouver de nouveaux jeunes et talentueux artistes pour figurer mon blog est toujours difficile. Quelle agréable surprise j’ai eu quand j’ai découvert cette fratrie sur le site de Rivenmaster. l’article de rivenmaster avait attiré l’attention de mon cousin Cédric (le coco de Paimpol) qui m’avais enjoint de le lire. Grand merci à lui d’avoir été si persuasif.
J’écris fratrie mais c’est d’une famille complète qu’il faut parler car même les parents participent. Ils parcours les chemins de l’Europe du sud.Lorsque vous entendez le nom de « Gameboy » vous pensez habituellement à un jeu électronique créé par Nintendo en 1989. Mais ces Gameboy sont beaucoup plus talentueux qu’un jeu électronique.
Je suis heureux de vous faire découvrir le talent et la joie de vivre des : 

Gameboys

Ce ne sont pas seulement des musiciens talentueux de blues, de rock, , ils mettent toutes leurs âmes dans la musique. Ils jouent de façon naturelle sans se forcer et font passer beaucoup de joie et de bonheur à leur auditoire.
L’histoire de la famille a commencé réellement en 2008 quand ils ont déménagé des Pays Bas vers le Portugal (Algarve). Ils ont expliqué ;
«Un jour, nous sommes allés à la plage de Praia da Rocha (Algarve). Les deux garçons les plus âgés (Lars et Kay) fréquentaient l’école primaire à l’époque. Leur père Antonio, un talentueux guitariste hollandais/ interprète a décidé d’entamer une chanson. Cependant, leur public de baigneurs semblait se désintéresser de la musique d’Antonio. Sven qui jouait sur la plage a demandé à son père: « Je peux chanter une chanson? » Son père a commencé à jouer, et dès que Sven c’est mis à chanter, une foule de badauds a commencé à s’assembler. Ils ont été surpris d’entendre ce garçon de quatre ans interpréter avec talent cette chanson.  Incroyable, merveilleux  – ce sont les adjectifs les plus entendus ce jour-là.
Ce fut le début de ce qui est maintenant connu sous le nom « Les Gameboy ». Chaque jour, Sven et son père reviendraient à la plage pour divertir un public de plus en plus nombreux. Les Gameboys ont commencé à être invités dans les fêtes et autres festivités. Quand l’école a rejeté pour la journée, Lars et Kay se sont joints  à la fête

Cette vidéo à été tournée en Algarve au Portugal lors d’une fête scolaire en 2009. Lars et Kay avaient 7 & 8 ans. La qualité n’est pas exceptionnelle mais elle montre déjà le talent des deux garçons.

Ci-dessous une rapide présentation des garçons.
Je commence par Lars, l’ainé. Lars-13-300

Lars est né à Las Palmas de Gran Canaria (Espagne). Il a 13 ans. 
Lars parle espagnol, néerlandais et anglais. Il est le harpiste du groupe et joue de la guitare et également de la basse. C’est son jeu d’harmonica qui ajoute un petit plus aux Gameboy son blues et  qui en fait un vrai Blues Band.
Lars avait 8 ans quand il a commencé à chanter, et 10 quand il a commencé à jouer de la guitare.
Au fil du temps il s’est intéressé à l’harmonica et a développé un fort désir d’apprendre à maîtriser l’instrument. Il a appris à jouer seul.
Avec son frère Kay ils produisent un blues de qualité.
Lars aime aussi kayak et le patinage quand il n’est pas faire de la musique avec ses frères.

Le deuxième de la fratrie est Kay

Kay-13-300

Kay parle espagnol, néerlandais, anglais et également le français.
Il est le principal guitariste du groupe et est exceptionnellement talentueux.
Kay est absolument magnifique à regarder comme il joue de la guitare. Ses doigts  travaillent plus vite que vos yeux peuvent les suivre. Son surnom résume bien … “Fast Fingers Kay”.
En plus de la guitare, il joue également de la basse, du clavier et du violon.

Kay a commencé à chanter quand il avait 7 ans et a commencé à jouer de la guitare quand il avait 11ans.  Il a appris les bases des accords avec son père musicien, sinon il est autodidacte.
Kay est aussi un talent naturel né. Quand il entend une chanson il peut généralement la rejouer ½ heure plus tard en y ajoutant  ses propres improvisations. Il apporte beaucoup au groupe dans son ensemble avec sa capacité à jouer de multiples instruments et d’improviser des riffs ou conduire à la maison de la basse en fonction de ce que la chanson demande.
Comme ses frères, ses passe-temps incluent kayak et le patinage.

Ensuite vient Sven 

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Sven est né aux Pays-Bas. Il a 10 ans. Il parle espagnol, néerlandais, anglais, et apprend le français. Il est le principal chanteur du groupe et joue de la guitare, de la basse et du clavier.
Après l’école, il fait ses devoirs et travaille  sa musique. Chaque jour, il pratique la guitare, basse et exerce sa voix.
Lorsqu’il n’est pas faire de la musique, il va faire du kayak ou il aime patiner avec ses frères. Il a commencé à chanter quand il avait à peine quatre ans et progressivement mit son talent vers les autres instruments.

Kay, Lars et Sven sont toujours ensemble, ils partagent tous les mêmes centres d’intérêts tant artistiques que sportifs.

Voilà le petit dernier, Jesse.
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Jesse est né à Portimao, au Portugal. Il a 4 ans.
Il parle l’espagnol et le néerlandais et est en train d’apprendre l’anglais.
Comme ses frères, il présente aussi un talent naturel.
Ce petit gars fait de la musique depuis le moment où il est né.
Il chante, danse et joue de la guitare. Il bénéficie des spectacles de ses frères pour monter sur scène et il ne montre aucun signe de trac. La musique occupe une grande partie de la vie quotidienne de Jesse. Il aime écouter de la musique, chanter et danser.

En route vers l’univers musical des Gameboys.








Séance photo du groupe.

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Retrouver les Gameboys sur la toile.
Usez et abuser de leur chaîne Youtube. Il y a des pépites. J’aurais aimé vous présenter toutes les vidéos.

 

Only Boys Aloud

Cette semaine je traînais sur internet a la recherche d’une idée pour un nouvel article, car je le sais, voilà un mois que je n’ai rien publié. 
Bien sûr j’ai pas mal de travaille, mais surtout je manque de motivation, en ce moment. 
Toujours est-il que je suis tombé sur un chœur gallois d’une grande qualité. 
J’ai commencé à collecter des renseignements sur eux, regarder des vidéos, choisir des photos quand une idée n’est venue, ça m’arrive parfois, pourquoi ne pas demander à mon ami David, anglais qui vit au pays de Galle, s’il a des renseignements sur eux. 
Dans la journée j’avais tout le matériel nécessaire, juste quelques traductions a peaufiner; a faire la mise en forme, insérer photos et vidéos.
Vous dire que j’ai aimé est un doux euphémisme.
Je suis heureux de vous faire découvrir : 

Only Boys Aloud

Le Pays de Galles est célèbre pour beaucoup de choses. L’un d’eux est la tradition des chœurs de voix masculine.

Chaque village, ou presque, du pays de Galles avait son chœur d’homme.
Avec la fermeture des mines de charbon, beaucoup d’hommes ne peuvent plus  vivre et travailler dans les aux pays de Galles. Ils partent pour les grandes villes de Grande-Bretagne.
Les chœurs d’hommes est une tradition mourante – littéralement.

En 2000, un chef de chœur, Tim Rhys-Evans, natif
des vallées du pays de Galles du Sud forme un nouveau du chœur d’hommes. Il a pris des chanteurs jeunes, formés professionnellement et créé un nouveau chœ
ur appelé ONLY MEN ALOUD qui est devenue célèbre non seulement entre la Grande-Bretagne, mais aussi au niveau international.

ONLY MEN ALOUD était si réussi, que Tim Rhys-Evans a décidé de former un autre chœur. Cette fois, il encourageait les adolescents à se joindre.
Ils pourraient être aidés par les membres de ONLY MEN ALOUD.
Tim Rhys-Evans voulait s’assurer que la célèbre tradition galloise ne mourrait pas.


En fait, ONLY BOYS ALOUD est la réunion de neuf chorales. Chaque ch
œur est basée dans une ville différente. Au total, 175 garçons âgés de 14-19 ans sont impliqués dans le projet. Ils travaillent tous les mêmes chants.
L’objectif est de promouvoir ces ch
œurs, et de permettre à tous les garçons habitant le pays de Galles, même dans les vallées les plus reculées, de  participer à l’aventure.

Le projet a débuté en 2010. Il a déjà été, dès le début, un énorme succès.

Après sa première apparition publique – a une manifestation culturelle annuelle appelée l’Eisteddfod en 2010 – les garçons ont fait de nombreuses apparitions dans des salles ou des concerts majeurs.
Ils ont chanté aux côtés de SHIRLEY BASSEY au Millennium Stadium de Cardiff. Ils sont apparus dans plusieurs documentaires télévisés.

Mais leur plus grand succès jusqu’à présent est venu quand ils entrèrent dans une émission de télévision nationale populaire, «Britain’s Got Talent », en 2012. Le public les aimait. Ils ont atteint la finale nationale et ont été classées troisième.

En août 2012, il a été annoncé que ONLY BOYS ALOUD avait été signé un contrat majeur avec Relentless Records/Sony Music.
Leur tout premier album sortira en Novembre. N’oubliez pas le nom – ONLY BOYS ALOUD!

Je met ici quelques vidéos mais vous en trouverez des quantités d’autres sur Youtube et sur le site du chœur. Ils ont aussi une page facebook.
Je mettrais les adresses a la fin de l’article. 





Quelques photos : 

Retrouver Only boys Aloud sur internet : 
Le site : http://www.onlyboysaloud.com/
Facebook : http://www.facebook.com/OBAloud?fref=ts

Un remerciement très amical à mon ami David sans qui ce modeste article n’aurait pas vu le jour.
David fait également parti d’un choeur, le « South Wales Gay Men’s Chorus ».  Pour ceux que ça intéresse voilà le lien pour le site : http://www.swgmc.com
Thanks  David !

Léo Rispal


Voilà encore une collaboration entre Théodore et Guillaume. Quand je parle de collaboration  je veux dire que Théodore fait tout le travail et que sur moi rejaillit la gloire et les lauriers. Mais dans ma grande bonté je tiens quand même à le remercier du travail exceptionnel qu’il fait.
Je pense que tous vous avez vu ce jeune chanteur français dans beaucoup d’émission de télévision. Jamais encore sur ce blog je n’en avait parlé. Voilà cet oubli réparé.

Théodore et Guillaume ont le plaisir de vous présenter :

Léo Rispal

Plus que des longs discours, je n’ai pas beaucoup de renseignements sur Léo, je vais mettre plein de vidéos et des photos.
 Il est né le jeudi 3 août 2000 à Roanne. 
Léo Rispal est un jeune chanteur qui s’est fait connaître à l’âge de 10 ans avec la chanson Le même que moi (en collaboration avec Gary Fico). Il est également le vainqueur, en 2009 (à 9 ans), de l’émission télévisée L’École des stars, un concours de chant pour les 8-12 ans.
Léo Rispal est un petit chanteur agé de 11 ans et est née le 3 aout 2000 a Roanne. Il a été connu grâce a la télé sur direct 8 ou il a participé a l’école des stars 2ème saison en 2009 et il a gagné. Ensuite il a aussi participé sur TF1 a l’émission du grand show des enfants. Il a enregistré son premier album en duo « Le même que moi » avec Gary Fico.
La questuin est :
Léo  Rispal et Gary Fico sont-ils frères?
Eh bien, pour répondre à cette question, ils ne sont pas frères.
Gary Fico a contacté Léo Rispal qui a participé à l’école des stars car il trouvait qu’il chantait bien.
Ils étaient sur une radio et ils ont tout expliqué. »
Voilà ce que léo dit de lui sur son blog :
Je m’appelle Léo et j’ai 10 ans, et vous me connaissez grâce à ma victoire à l’émission l’école des stars.
En ce moment j’aime :
– Lire Harry Potter, Enola Holmes, les orphelins Baudelaire, Oksa Pollock, etc…
– écouter Lady Gaga avec Alejandro et Téléphone, John Lennon avec Imagine, Cindy Lauper avec true colors, etc…
– regarder un film comme Harry Potter, Shrek 4, Nanny Mcphee, etc …
– une bonne émission comme Taratata, Secret d’histoire, accès privé, etc …
– surfer sur internet, faire des desserts, aller faire les boutiques, et surtout rester des heures dans les librairies.
J’aime :               Chanter, lire, Ecouter de la musique, aller au cinéma, la cuisine italienne
Je n’aime pas : Ceux qui pirate les blog, me lever tôt et me coucher tôt, les ens lunatiques, la méchanceté, les haricots vert et les champignons








Avec Gladys, son basset hound

Pour retrouver Léo sur la toile : http://petitprince42.skyrock.com/

Festival du chant de marin (Paimpol 2011)

Ben qu’est ce que t’as fait Guillaume de ton week end. Je vais tout vous dire. Suivez le guide c’est parti.

En route pour l’imagi-mer celtique

Bravant écueils et coups de tabac, le Festival du Chant de Marin continue de tracer sa route et file aujourd’hui vers sa dixième édition.
Après les mers du Nord, les rivages de la Méditerranée, les pays de l’Est, l’Afrique, les Amériques, le thème retenu pour 2011 est « Escales celtiques ».
Le Festival explorera donc en musique toute la galaxie celtique, des Asturies en Irlande ou en Galice, des Cornouailles au Pays de Galles et à l’Ecosse, sans oublier la Bretagne, bien entendu, ni la diaspora celte. Une sorte de retour au bercail, avant de reprendre, en 2013, la navigation au long cours vers des contrées plus lointaines. Bien sûr, ce choix n’empêchera pas le Festival de garder quelques fenêtres ouvertes sur les musiques du Monde.
Les amoureux du Festival retrouveront également tout ce qui en fait le charme, à commencer par les très nombreux groupes de chant de marin qui seront sur les quais de Paimpol « comme chez eux », mais aussi des musiques ensoleillées, des fanfares, des bagadoù, des festoù-noz, des expositions, des dégustations de produits locaux.
Et près de trois cents bateaux traditionnels, qui empliront le bassin n°1 et contribueront, avec leurs voiles multicolores, à donner son air de fête au vieux port de Paimpol.
Rendez-vous pour la prochaine édition du Festival du Chant de Marin, la 10ème, sur les quais de Paimpol les vendredi 12, samedi 13 et dimanche 14 août 2011.
Plijadur vo !
Quelques vidéos des concerts :














L’histoire des maîtrises

 

 

 

Les maîtrises occupent, dans l’histoire de la musique, une place aussi fondamentale qu’ignorée. Qui sait que Palestrina fut maître de chapelle au Vatican et Saint Jean de Latran; que Lassus fut petit chanteur à Mons, puis placé à Palerme et Milan au service du vice-roi de Sicile tant sa voix était merveilleuse; que Shütz dirigeait le « Kreuzchor » de Dresde; que Purcell, après avoir été petit chanteur à la Chapelle Royale de Charles II, a composé pour les choristes de cette même chapelle et pour ceux de Westminster ?

S’intéresser à une Maîtrise de « college » anglaise, c’est parcourir l’histoire de la musique de ce pays; de « l’Escolonia de Montserrat, c’est dérouler l’histoire de la musique catalane; brosser celle des Petits Chanteurs de Vienne, c’est raconter l’histoire de la musique autrichienne… Car les maîtrises ont été, du Moyen-Age au XVIIIème siècle, et sont parfois encore aujourd’hui, à l’origine de la création musicale européenne.

Cartes Postales Photos La MANECANTERIE des petits Chanteurs à la Croix de Bois 72300 SOLESMES sarthe (72)« …Pépinières de musiciens, interprètes des grandes oeuvres sacrées ou profanes, elles émergent de l’oubli pour nous plonger dans l’histoire, du VIè siècle à nos jours, jusqu’aux sources-mêmes de la musique..des compositeurs qui des origines à nos jours, ont été élèves d’une maîtrise ou ont travaillé en liaison étroite avec l’une d’entre elles, et qu’ils aient été maîtres de chapelle, organistes, ou qu’ils aient composé spécialement pour tel ou tel choeur…… ces grands artistes dont les noms sont parvenus jusqu’à nous ne représentent d’ailleurs qu’une infime partie des musiciens éminents qui ont formé sans relâche les plus belles voix de leur époque. Ils ont composé des oeuvres de grande valeur et laissé des travaux de musicologie importants… Marcel Landowski »

Les Maîtrises sont à l’origine de la musique liturgique en Occident

La musique a toujours été utilisée dans le culte : le chant choral se situe aux origines de l’art religieux.
En Israël, au temps de David et Salomon, et plus encore à l’époque d’Esdras, on utilisait la musique pour honorer Dieu et, par son influence sur la sensibilité, on mettait l’âme des fidèles en état de réceptivité spirituelle.
Dés cette époque, les instruments de musique, moins prisés que la voix humaine pour l’accompagnement du culte, étaient l’objet de méfiance :s’ils étaient utilisés au Temple, ils n’étaient pas acceptés dans les synagogues, ces  » maisons de prières  » qui furent les ancêtres des églises chrétiennes.
On n’y entendait que des prières et des lectures, accompagnées du chant vocalisé des psaumes. Au Temple, on utilisait pour la liturgie des enfants élevés sur place et que l’on formait à être  » lecteurs « . Installés sur une estrade, au-dessous des hommes, ils chantaient les psaumes à deux chœurs de dix ou douze exécutants, et des versets modulés en solos vocalisés.Les premiers chrétiens reprirent les rites cultuels des synagogues.

On sait, par une lettre de Pline le jeune, par les Actes des Apôtres, que les premiers chrétiens se réunissaient pour chanter des hymnes, des psaumes et des odes…
Les lecteurs modulaient des passages des Écritures, les fidèles se contentant de s’exprimer par de brèves acclamations : Amen, Alleluia, Deo Gracias, ou de courts refrains. St Paul les y exortait en s’exclamant :  » Chantez à Dieu de tout votre cœur avec reconnaissance, par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels « .
Les chrétiens du IIIème siècle organisaient aussi des repas communautaires, les  » agapes « , qui s’achevaient sur des psalmodies.
Les enfants, puis les vierges, sans doute des hommes et des femmes consacrés à Dieu, y tenaient un rôle particulier, le peuple se contentant de répondre. Tantôt c’étaient des vierges et des moines qui tenaient les rôles de psalmistes, tantôt c’étaient les enfants.
Ces enfants ont assez tôt été regroupés dans des écoles préparatoires situées autour des églises, préfigurant les futures scolas. (On a utilisé la terminologie latine,  » scola  » jusqu’à la fin du Moyen Age, puis l’étymologie grecque de  » schola « ). On en découvre d’abord à Rome, signalées dans le Liber Pontificalis, sous Sixte II (257-258) et sous Gaius (283-296).

Le lectorat était la première discipline enseignée à ces jeunes clercs :

 » II faut avoir pris rang dans le ministère ecclésiastique dès l’enfance en demeurant parmi les lecteurs jusqu’à vingt ans sans interruption « , écrit un certain Labbe.On trouve aussi des enfants consacrés spécialement au chant dès le IVème siècle à Rome.


Audiant hoc adolescentuli, audiant hi quibus psallendi in Ecclesia officium est :   » Que les enfants entendent cela, que ceux qui chantent entendent comment on célèbre dans l’Église « , s’écrit saint Jérôme.
Au IVème siècle, lorsque les persécutions eurent cessé, les offices purent devenir publics, et donc plus sonores et animés.

Le chant prit plus d’importance, les clercs et les fidèles participant davantage à des mélodies simples chantées sur les psaumes ou les hymnes.
Mais certains excès conduisirent peu à peu à la réorganisation de la partie musicale des offices.Les chants principaux furent confiés à des spécialistes : le diacre, qui dirigeait les lecteurs, regroupés dans la scola, chantant en chœur les antiphons nouveaux de l’entrée, de l’oblation ou de la communion.
Des épitaphes romaines des IVème et Vème siècles parlent du chant doux comme le nectar et le miel d’un jeune lecteur. Comme dans les synagogues, c’est aux seules voix que l’Église confie la musique : elle a gardé une grande méfiance à l’égard de la musique occidentale, associée dans le monde païen aux plaisirs et à la débauche. Cette attitude durera jusque tard dans le Moyen-Age. Ainsi, saint Jérôme, pour l’éducation d’une fillette, recommanda-t-il :  » Qu’elle soit sourde à l’orgue, à la tibia, à la lyre, à la cithare. Qu’elle ignore pourquoi elles ont été inventées !  » (Lettre 107).
Le Chant, à l’opposé, lui semble propre à exprimer la prière en chantant  » dans l’esprit « ,  » dans son cœur « . Et puis, lorsque l’on chante, n’imite-t-on pas les anges qui louent Dieu au Ciel. Dans la conception augustinienne, le chœur terrestre est un écho du chœur des anges, et la musiqUe spirituelle, qui transcende toute chose, conduit à Dieu.

La peinture et la sculpture ne manquent pas de ces représentations d’angelots Chanteurs. Et Cette idée de l’enfant pas encore homme, asexué,  » pur  » et porteur de nos rêves de rachat et d’innocence est un mythe qui a la vie dure. Combien d’auditeurs, de nos jours encore, assistant à un office chanté, sont troublés par le chœur  » d’anges  » qui chantent devant eux, même lorsqu’ils sont peu sensibles à la musique…

 Les Maîtrises furent les premières écoles de musique

C’est à saint Grégoire qu’est attribué le mérite d’avoir remis de l’ordre dans le chant romain, c’est du moins ce qu’affirme Jean Diacre. On en était arrivé, en effet, à choisir pour le diaconat ceux qui avaient la plus belle voix. En 590, il retira aux diacres leurs fonctions, et installa officiellement les écoles d’enfants chanteurs.
Au cours du Vème siècle s’était faite la distinction entre scolas de lecteurs et scolas de chanteurs, à l’initiative de l’empereur Justinien de Constantinople ; Grégoire reprit le modèle pour l’imposer à l’Occident.
Selon Jean Diacre, saint Grégoire « institua l’école des chantres qui module encore dans l’Église romaine selon ses enseignements.
Il lui assigna diverses propriétés et lui fit bâtir deux demeures, l’une au pied des degrés de la basilique de l’apôtre Pierre, l’autre prés du palais patriarcal de Latran.
On vénère aujourd’hui le lit sur lequel il reposait en donnant ses leçons de chant, le fouet dont il menaçait les enfants, et son antiphonaire authentique « .

L’Église a toujours aimé la vénération des reliques, et il faut noter qu’elle rend un culte au lit et au fouet de saint Grégoire! Toujours est-il que cette Schola Cantorum, prototype des maîtrises de cathédrales, est à l’origine de notre musique occidentale.

Saint Grégoire en est-il l’inventeur ? Sans doute était elle la transformation de la schola lectorum plus ancienne ; mais c’est bien sous son règne que cette vieille école se consacra exclusivement au chant.
e la schola cantorum sortirent rapidement des chanteurs qui allaient devenir illustres : le futur pape Deusdedit (615 – 618) y apprit les hymnes des Vigiles; Léon 11(682-683) y fut initié au psautier et à la cantilène (cantilenae psalmodia praecipuus); le futur pape Sergius (687 – 701) y fut confié au prieur des chantres parce qu’il était doué pour le chant (quia studiosus erat et capax in officia cantilenae priori cantorum pro doctriny est traditus). Et encore plus tard, Eugène 1er y fut a cunabulis, dès le berceau, et le pape Sergius (847) y apprit  » les mélodies harmonieuses du chant  » si bien qu’il y dépassa les autres enfants de l’école. Il reconstruisit l’école. La schola était aussi appelée orphanotrophium, l’orphelinat, ce qui indique d’une manière claire l’origine du recrutement. Cela explique aussi sa pauvreté…

La schola cantorum est mentionnée dans une lettre de Paul 1er à Pépin le Bref et dans les Ordines du Vlllème et du lXème siècle. On y apprend qu’elle avait à sa tête plusieurs sous-diacres : le prior ou primicerius, le secundus, le tertius et le quartus ou archiparaphonista, et qu’ils étaient tous des dignitaires. Au dessous, des chefs de groupes, les paraphonistae. Les enfants chantaient à toutes les fêtes solennelles, et particulièrement aux sacres des papes et des rois. Ils défilaient sur deux rangs, précédés des dignitaires et encadrés par les paraphonistes.
Lorsqu’ils sortaient de l’école, ils avaient le rang d’acolytes. Ils étaient, pour le service des grandes basiliques romaines, une vingtaine. Leur nombre descendit même à douze.

D’autres scholas furent fondées sur le modèle de la schola cantorum : vers 760, le pape Etienne II envoya Simon, secundus de la schola à Rouen. L’archichantre Jean fut envoyé en Grande-Bretagne par le pape Agathon… Dans ces écoles, le rôle de cantor était partagé entre deux personnages : le praecentor ou préchantre, qui était chargé de l’organisation matérielle de l’école, et, souvent, de la surveillance des petites écoles ; et le succentor, le sous-chantre, qui dirigeait le chant.
Les autres pays avaient aussi leurs enfants chanteurs : revenons quelques siècles en arrière dans les Églises d’Orient. A Jérusalem, il y avait de jeunes enfants, les pisinni, qui participaient aux célébra en chantant :  » Ils sont nombreux, raconte SiIvia lors de son pèlerinage, et à chacun des noms prononcés par le diacre, ils répondent Kyrie eleison, et leurs voix sont infinies « . Infinies ! Déjà le charme des voix d’enfants…
Les Grecs avaient une ordination spéciale pour les chantres : les empereurs Léon et Constantin avaient permis, à partir du lXème siècle, que l’on ordonnât les enfants lecteurs et chantres dès qu’ils sauraient lire et écrire. Leur éducation au chant et à la lecture sacrée commençait donc très tôt, dans l’Église d’Orient, où elle était plus rigoureuse et monacale qu’à Rome. En Afrique aussi, des enfants étaient utilisés pour le chant, tel ce jeune lévite qui se fait sermonner en public par saint Augustin :  » Nous n’avions pas ordonné au lecteur de chanter ce psaume : mais Dieu a jugé bon que nous l’entendions, et il nous l’a imposé par la bouche de cet enfant « .
A Carthage, les enfants étaient confiés très tôt à l’Église qui les formait dans une école d’enfants de chœur où on leur enseignait le lectorat et le chant. Ils eurent d’ailleurs leurs martyrs lors des persécutions par les Vandales en 484 : lorsque ceux-ci envahirent l’église dans laquelle se déroulait une cérémonie, l’enfant soliste ne cessa pas de chanter et mourut la gorge transpercée d’une flèche. Puis, une douzaine d’entre eux,  » doués de belles et fortes voix et très habiles aux mélodies musicales furent emmenés en exil et martyrisés « .
Des enfants de chœur aussi en Espagne, où le concile de Tolède de 531 s’occupe de leur organisation, en Angleterre, où une école est créée à Canterbury, en Allemagne…

 Les Maîtrises à travers différentes époques

 C’est au cours du Moyen Age que furent mises en place les structures de fonctionnement qui ont servi dans les maîtrises françaises jusqu’à la Révolution. On distingue deux époques dans l’histoire des écoles : au deuxième concile de Vaison, en 529, saint Césaire avait ordonné la création d’écoles jusque dans les campagnes. Elles fleurirent. Paris avait la sienne, dirigée par l’évêque saint Germain. Fortunat nous décrit un office d’une manière savoureuse :
 » D’un côté, l’enfant mêle sa voix douce et perçante aux instruments bruyants ; de l’autre, le vieillard pousse de son gosier une voix large et éclatante comme la trompette. La voix flûtée des enfants adoucit la voix forte et rauque du vieillard… Sur l’ordre du pontife, le clergé, le peuple, les enfants, entonnent la psalmodie « .
Fortunat parle plus loin, dans la  » Vie de saint Germain « , de la voix mélodieuse d’un clerc qui n’avait que dix ans. Grégoire de Tours nous raconte que saint Nizier, qui fut archevêque de Lyon, formait les enfants dès qu’ils en étaient capables  » au chant et à la lecture des psaumes « , et que saint Quentien, évêque de Clermont, fut si charmé par la voix du petit Gal qu’il l’emmena dans sa ville pour être l’ornement du chant liturgique.
Ces écoles disparurent à peu prés toutes au Vllème et au Vlllème siècle. A la suite d’un rapprochement avec le pape Etienne Il, Pépin le Bref et Charlemagne les restaurèrent en les réformant. Ce fut la Seconde époque. Modifié et développé dans les monastères situés entre Loire et Rhin, le chant romain revint à Rome au bout de deux cents ans et là, officialisé, canonisé, il fut attribué à saint Grégoire et devint le chant grégorien. Les maîtrises les plus célèbres se trouvaient alors à Metz, à Rouen, à Chartres, à Canterbury, à Soissons, à Saint-Gall.

Charlemagne comprit aussi le rôle unificateur que pouvait avoir le grégorien parmi les différents peuples qui composaient son empire. Aussi imposa-t-il l’étude du chant dans les écoles qu’il créa.
Le capitulaire de 789 stipule :  » Que les ministres de Dieu attirent auprès d’eux, non seulement les jeunes de condition modeste, mais les autres aussi. Qu’il y ait des écoles de lecture pour les enfants, que les psaumes, les notes, le chant, le calcul et la grammaire soient enseignés dans tous les monastères et dans tous les évêchés « 
 Le programme ne variera plus guère. Des écoles apparurent un peu partout, dans les cathédrales, les monastères et même les églises un peu importantes. Les plus célèbres se trouvaient à Aix-la-Chapelle, Metz, Rheinau, Cluny, Saint-Gall, Saint-Riquier…

A la collégiale de Saint-Aignan, le roi Robert dirigeait lui-même la maîtrise, comme le faisait Charlemagne à Aix où l’École du Palais était le modèle de référence. Les cathédrales rivalisèrent entre elles et firent monter la qualité en envoyant des élèves étudier prés des chantres venus d’ltalie.
Le concile d’Aix la Chapelle, en 806, et ensuite Gauthier et Théodulfe, évêques d’Orléans, hâtèrent l’établissement des écoles paroissiales.
Quant aux monastères, ils installèrent aussi des écoles de chant. Cluny n’avait que six enfants, mais Saint-Riquier entretenait trois chœurs de chacun cent moines et trente-trois enfants ! Ces écoles conservèrent les mêmes structures jusqu’au Xlllème siècle. Par contre, dans les cathédrales, elles élargirent peu à peu leur programme, ajoutant à l’étude des psaumes, de la notation, du chant, du comput, celle de la grammaire et des arts libéraux, et elles s’ouvrirent aux laïcs autant qu’aux clercs.
A partir du Xlllème siècle, les écoles de chant subirent des modifications et changèrent souvent de nom : le terme de scola, qui venait du vieux latin, fut parfois remplacé par celui de psallette, de manécanterie (les manicantiones étaient des chants remontant à l’époque mérovingienne), de maîtrise, par extrapolation de la fonction du maître de chapelle qui avait la maîtrise d’une église, ou encore de chapelle. La Chapelle Royale, qui remonte à la royauté franque mais fut surtout développée par Charlemagne pour ce qui est de la musique, tirait son nom de la chape de saint Martin qui y était conservée.

Gerson, chancelier de l’Université de Paris, avait spécialement la charge des enfants de chœur de Notre-Dame de Paris.
Il écrivit pour eux la Doctrina pro pueris ecclesia parisiensis, traité qui fait de lui un novateur : avant lui, on considérait l’enfant comme un adulte en réduction, sans caractère propre ; Gerson établit un règlement fondé sur l’observation et l’expérience des enfants, et adapté à eux.
Il contribua aussi à créer le mythe de l’enfance, faisant de cette période de la vie l’âge de l’innocence, et y voyant le recours de l’Église : s’il ne pouvait imposer sa réforme aux adultes, il pourrait toujours reporter son espoir sur les enfants, malléables et plastiques.
Il avait une véritable mystique de l’enfance, estimant que les hommages des enfants plaisaient davantage à Dieu que ceux de vieillards décrépits Officium angelicum exterius. La peinture et la statuaire de l’époque sont pleines de ces anges glorifiant le Seigneur par la voix ou avec les instruments.
Il mit au point des méthodes éducatives nouvelles concernant l’instruction, qu’il voulait en langue vulgaire, le choix des maîtres, le soin et le temps qu’il faut consacrer aux enfants : ceux-ci doivent sentir dans leur maître un « frère » sachant  » prendre part à leur gaîté  » et entretenant avec eux une fraternité spirituelle. Il donna enfin toute son importance au chant dans le système éducatif. Son Règlement exerça une influence considérable, non seulement à la maîtrise de Notre-Dame de Paris, où il est toujours conservé, mais dans les autres écoles.

 

De ces maîtrises, de nombreux musiciens n’allaient pas tarder à en sortir, composant, jouant à leur tour pour les églises comme pour les cours :
 » Les poètes-musiciens qui recueillaient des lauriers dans les cours seigneuriales avaient parfois passé des mois à étudier leur art dans les abbayes et y retournaient pour s’y perfectionner  » nous dit Théodore Gérold.
D’autres s’y retiraient, comme ce Julien de Spire qui, après avoir été Maître de la Chapelle Royale à l’avènement de Louis IX, devint ensuite franciscain. .
Le rôle de l’Église fut, à cette époque, extrêmement novateur : de nombreux prêtres et moines ont cherché de nouvelles formes musicales ou écrit des traités savants :
Ut queant laxis
resonare fibris
mira gestorum
famuli tuorum
soIve pollutis
labii reactum
Odon de Cluny, Notker, qui mit au point le système des tropes Guy d’Arezzo, auteur du Micrologue et qui imagina une nouvelle méthode de notation en se servant des syllabes d’un hymne à saint Jean-Baptiste ou encore Elie Salomon, auteur d’un important traité : Scientia artis musicae.
St Quentin, par exemple, possédait l’une des meilleures écoles de chant d’où sortirent, aux XVème et XVlème siècles, des musiciens célèbres :
Josquin Després, d’abord cantor in choro sancti Quintini, puis élève de Jehan Ockeghem, chapelain de la Chapelle de Charles VII, chanteur à la Chapelle Pontificale de Sixte IV ; Louis Compère, qui chanta avec Josquin à St Quentin et à la Chapelle de Charles VII ; Jean de Hollingue, dit Jehan Mouton, élève de Després.
Plus tard, Bournonville, ancien maître de chapelle à Rouen et Évreux, y devint maître.

Chaque cathédrale avait sa musique

 Chaque maître de chapelle, chaque organiste, composait pour son chœur : Certon à la Sainte Chapelle de Paris, Bouzignac à Grenoble, Rodez ou Tours, Jean-François Lallouette à Notre-Dame de Paris, Henri Madin à Bourges ou Rouen, Le Sueur à Dijon, au Mans, à Paris, Henri Frémart et Michel Lamy à Rouen, ou encore Louis-Nicolas Fromenta qui fit chanter « cinq ou six motets à grande symphonie  » quand il était encore maîtrisien dans cette même cathédrale ; et Arcadelt, Palestrina ou Allegri à la Chapelle Sixtine, Lassus à Rome, Anvers ou Munich, Aichinger à Augsbourg, Guerrero à seville, Cesti à Venise… Et tant d’autres…
A Avignon, en 1600, le Labyrinthe Royal de  » L’Hercule Gaulois  » commente une grande manifestation musicale qui eut lieu devant la reine :  » II y avait… un chœur de musique à voix et instruments, sous la conduite de M. l’Aeschviol, organiste de l’église cathédrale : les voix étaient toutes d’eslite… ils entonnèrent de fort bonne grace un hymne à deux chœurs, l’un à quatre voix choisies, l’autre en plein chœur renforcé… A la Place du Change, la Royne y fut saluée et retenue par le grand chœur de musique… qui chanta fort mélodieusement… Sa Majesté monstra d’y prendre plaisir, l’entendant d’un bout à l’autre : aussi la mélodie en estoit belle et de bonne grâce « … Ce  » grand chœur de musique  » était composé en fait de toutes les chapelles d’Avignon : celles de la Métropole, du Palais, de St-Agricol, de St Pierre, des Jésuites, des Pénitents et la chapelle pontificale. « 
Ces maîtrises durèrent en France, jusqu’à la Révolution.

 Vie d’une maîtrise française du VIème siècle à la révolution

On suit la vie de ces maîtrises dans les documents d’archives des chapitres amplement relatés, prenons par exemple l’une d’entre elles : la Maîtrise de la Cathédrale de Chartres.
Vers 485 à côté de  » l’église-cathédrale » de Chartres est apparu un collège capitulaire, dans lequel des enfants destinés à devenir prêtres et chanoines recevaient une double formation religieuse et musicale.
A cette époque, saint Fulbert avait fondé des écoles littéraires et théologiques qui devinrent vite très réputées.
Les enfants chanteurs s’y rendaient pour y recevoir un enseignement de haut niveau.
Aussi les offices chantés par cette sorte de maîtrise supérieure étaient-ils splendides
L’évêque s’occupait personnellement d’elle : enfants et chantres adultes vivaient autour de lui et chantaient les oeuvres qu’il écrivait pour eux, comme les Trois répons de la Nativité de la Sainte Vierge, ou L’office de Saint Gilles. Ce fut une époque de grand rayonnement, rendue possible parla présence d’hommes intelligents, cultivés, éclairés.
Après la mort de Fulbert, la qualité de l’enseignement dans les écoles épiscopales diminua fortement. La maîtrise reprit son autonomie et devint, du Xlème au XIVème siècle, une école consacrée exclusivement au chant et aux célébrations.

Les enfants étaient des petits clercs tonsurés, portant amict, aube et ceinturon, servant au chœur comme thuriféraires, acolytes, lecteurs et chantres. Ils recevaient, pour leur service aux cérémonies, une petite rémunération, le casuel, du pain, de la viande, du vin et, plus tard, de l’argent. Ceux qui avaient les plus belles voix étaient affectés au chant.
Ces enfants, d’origine modeste – les fils de riches devenaient directement chanoines – étaient six au Xlllème siècle, ils étaient soumis à l’autorité du chapitre des chanoines, l’évêque étant occupé à d’autres tâches.
Deux prêtres, les Maîtres, étaient affectés à leur instruction. ils étaient placés sous l’autorité d’un Grand Maître qui veillait à la bonne exécution des chants et aux moindres détails du quotidien et rendait compte aux chanoines qui, finançant la maîtrise, veillaient sur elle avec un soin jaloux.


Les enfants de chœur
Les noms par lesquels on nommait les élèves sont aussi désuets que savoureux. On les appelait : enfants chanoines de Notre-Dame, élèves ou nourrissons de l’Église, enfants de chœur (pueri chori ou de choro), puis enfants ou clercs de chœur en aube (pueri ou clerici chori in albi), et enfin enfants d’aube (pueri in albis). Ils étaient logés à la maison des enfants (domus puerorum), aussi appelée ostel des enfants de cuer en 1415, où d’aulbe, en 1462, psalette en 1479, psalette ou maîtrise au XVlllème siècle. Le nombre d’enfants n’excédait pas plus de 6 au Xllème siècle, parfois 10, et par deux fois seulement ils furent 12. Ce nombre semblait idéal, mais le manque de moyens ne permit pas de le maintenir.

Le recrutement des voix
Chaque voix devait donc être belle et puissante, aussi le recrutement était-il fait avec beaucoup de soin. Lorsqu’un enfant muait, le commis et les maîtres, souvent les chanoines et le maître de musique, parcouraient les villes et les campagnes, rameutaient les curés de paroisses, faisaient venir, en leur payant les frais de route, les petits candidats qui leur étaient recommandés, de Dreux, de Mantes, parfois même de Paris. Les maîtres des autres cathédrales étaient sollicités… Les enfants venaient le plus souvent de milieux modestes : fils d’artisans, de petits commerçants, ou encore orphelins. Ils venaient plus souvent des villes que des champs, car les chanoines considéraient que les voix citadines étaient plus délicates et talentueuses… Mais ils pouvaient aussi être les enfants de musiciens du roi qui escomptaient pour leur progéniture, sans bourse délier, une bonne formation musicale et instrumentale. Les maîtrises ont en effet joué le rôle de conservatoires de musique vocale et instrumentale gratuits jusqu’à la Révolution. Les enfants qui y entraient avaient en général entre 6 et 8 ans, âge où les voix sont encore faciles à former, et susceptibles de durer. Mais un garçon venant d’une autre cathédrale et ayant déjà reçu une formation pouvait entrer plus tard.

Les voix étaient alors jaugées. Au XIVème siècle, le fait d’être présenté par un chanoine suffisait ; mais à partir du XVlème siècle, les candidats, toujours plus nombreux que le nombre de places disponibles, passèrent un examen devant les chanoines eux-mêmes. Cet examen consistait principalement à chanter dans la salle capitulaire devant l’auditoire, parfois avec le chœur, au cours d’un office.
Ceux qui ne semblaient pas très solides devaient en outre subir un examen médical. Il fallait aussi fournir un certificat de naissance légitime – pas question de recevoir un enfant naturel -, et les parents devaient s’engager à laisser l’enfant jusqu’à la fin de son service, soit généralement de six ou huit jusqu’à dix-huit ans. Les candidats malheureux étaient renvoyés chez eux aux frais du chapitre.
On procédait alors à l’installation du nouvel enfant de chœur. Elle pouvait avoir lieu n’importe quand mais, à la fin du XVllème siècle, la coutume voulait que les sortants partissent à l’issue des fêtes de Pâques, les nouveaux étant reçus la veille des Rameaux. Le chantre allait prendre l’enfant à la sacristie, revêtu de son nouveau costume, et le conduisait solennellement à la place qui lui avait été affectée parmi les autres chanteurs. Les notaires du chapitre assistaient à l’installation, de même que les parents et les chanoines, et ils dressaient les actes qu’ils inséraient au registre des contrats. En voici un, en date du 1er mai 1691 :

 » Furent présents en leurs personnes Antoine le Vacher, maître de danse et joueur d’instruments, et Catherine Gaboys, sa femme, demeurant à Chartres, paroisse de Saint-Martin, lesquels ont déclaré que, dès le 20 avril dernier, ils ont laissé au service de l’église de Chartres, pour y servir en qualité d’enfant de chœur, Antoine Levacher, leur fils, âgé de sept ans et demi, en conséquence du choix qu’il a plu à Messieurs du Chapitre de la dite église, faire de la personne de leur dit fils…
Lequel fut installé, issue de Primes, au chœur de la dicte église, du côté de M, le Doyen, par M. Roze, en présence des dits Vacher et sa femme, après avoir presté les serments entre les mains du dit sieur Roze, à l’autel de Saint Anne, que leur dict fils est né de légitime mariage. Déclarent aussi qu’ils consentent que leur dict fils Levacher serve en la dicte église en qualité d’enfant de chœur, tant et si longtemps qu’il plaira au chapitre « .

Le  » gouvernement  » des enfants d’aube
A la tête de la maîtrise se trouvait le chapitre. Assurant l’entretien des enfants et des maîtres, il s’attribuait un droit de regard sur tout : les études littéraires et musicales, la discipline, les chants et les cérémonies, les problèmes matériels, l’admission ou le renvoi, les traitements… Il délibérait et décidait en assemblée capitulaire, communiquant avec la maîtrise par l’intermédiaire de deux ou trois chanoines nommés par elle, les commissi ad domum puerorum, les Commis à l’Oeuvre. Les commis avaient l’œil sur enfants et maîtres, veillaient aux dépenses, contrôlaient l’enseignement de la grammaire et de la musique, surveillaient quantité et qualité de la nourriture, indiquaient les abus au chapitre, faisaient soigner les malades et isoler les contagieux, trouvaient du travail à ceux qui ne pouvaient demeurer à la maîtrise, signalaient les manquements à la discipline… Ils exerçaient aussi un contrôle précis et sévère sur les maîtres, leur imposant le respect du règlement et de leurs engagements en matière d’assiduité aux offices et aux leçons, de bonne tenue des comptes, d’alimentation et de soins aux enfants, de moralité enfin.
Tout manquement était signalé au chapitre qui n’hésitait pas à blâmer ou sanctionner. C’est eux aussi qui veillaient, avec le maître de musique, au remplacement des enfants partants, ou qui recherchaient un nouveau maître de musique, écrivant aux chanoines des autres cathédrales. Leurs actes, leurs décisions, leurs doléances remplissent des pages et des pages de registres capitulaires, faisant alterner les décisions les plus importantes et les détails les plus infimes.

Le Maître de Musique
L’organisation de l’enseignement a varié au cours des siècles à la maîtrise de Chartres comme dans les autres cathédrales. Au Xllème siècle, les deux fonctions de maître de grammaire et de maître de musique étaient cumulées par un personnage unique, le maître des enfants (« magister puerorum » ), aussi appelé « instructor », « gubernator puerorum in albis », « administrator puerorum ». On avait le sens du théâtre! Ce maître des enfants se faisait aider d’assistants de son choix. Puis les deux fonctions furent dissociées. Jusqu’au XVème siècle, ce fut le maître de grammaire qui eut le pas sur l’autre -il était l’héritier des grandes écoles dont la maîtrise était issue. Puis, de chef suprême de là maîtrise, il devint simple professeur, voire surveillant, et la direction revint au maître de musique.

 C’est pendant cette période du Xllème au XVème siècle que la maîtrise dispensa les meilleures études. Nombreuses ‘étaient les familles d’alors qui inscrivaient, moyennant finances, leurs enfants à l’école.
Les chanteurs profitaient ainsi d’un haut niveau littéraire et ils. ne furent pas rares, ceux qui, au sortir de la maîtrise, purent s’inscrire à l’Université de Paris où à celle d’Orléans. Quand il créa un collège pour les enfants de chœur, le chapitre se sépara des autres enfants, tout en maintenant un bon niveau d’études élémentaires.
Pour permettre aux meilleurs élèves de poursuivre leurs études dans les grands collèges de la capitale, il se préoccupait de leur obtenir des bourses.
Ainsi, en 1579, il obtint de Henri IV, par l’intermédiaire de la reine, deux bourses au Collège de Navarre. Au XVllème siècle, il envoya plus de quinze enfants dans les universités en leur accordant des pensions.

 Au XVlllème siècle, on ne put continuer l’enseignement jusqu’à la classe de rhétorique, et on dut s’arrêter à la classe de troisième, puis à la quatrième. Quant aux maîtres de grammaire, ayant perdu leurs élèves extérieurs, et une bonne part de leurs revenus, ils devinrent peu à peu de simples auxiliaires de l’école de chant.
La musique occupa peu à peu l’essentiel du temps disponible, les offices succédant aux offices. Dans le domaine musical, la maîtrise atteint son apogée aux XVllème et XVlllème siècle quand les chanoines mirent les postes de maître de musique en concours et sollicitèrent ceux-ci à l’extérieur. Ils écrivaient aux maîtres des autres cathédrales, leur offrant le voyage pour pouvoir les entendre. Ceux-ci aimaient à changer de cathédrale, soit pour gagner davantage, soit pour changer d’employeur. Il en vint ainsi de Notre Dame de Paris, de Laon, Mantes, Amiens, Tours, Dijon, Rouen, Reims…

Les études musicales
Les enfants apprenaient le chant, la composition et les instruments. Au XIVème siècle, ils devaient apprendre aussi les textes des psaumes et pouvoir les réciter de mémoire. Ils mêlaient plainchant et contrepoint. Au XVème siècle, ils apprenaient le déchant, ou contrepoint savant, Ils devaient y briller puisque les chanoines, en 1409, les faisaient venir dans leurs hôtels, in hospitiis suis, Pour les écouter chanter. Ils étaient si appréciés qu’il n’était pas rare qu’un roi ou un prince les achetât pour sa chapelle privée. C’est ce que fit Anne de Bretagne, le 17 mai 1510, qui offrit en retour aux chanoines une cloche portant son nom.  » Vous m’avez donné une petite voix, moi je veux vous en donner une grosse « .

Il arrivait aussi qu’ils fussent enlevés méchamment, comme en 1485, par un prince.
Un peu plus tard, les enfants apprirent la composition. Ainsi, en sortant de la maîtrise, Robert Goussu devint directement maître de chapelle du duc d’Aumale, à Anet, et il concourut, à partir de 1576, au Puy de musique d’Évreux, qu’il remporta six fois de suite. Le Puy de musique était un concours de musique qui recouvrait le motet latin, la chanson… A l’exemple de leurs maîtres, les enfants composaient de nombreux morceaux, surtout lorsqu’ils espéraient devenir maîtres de chapelle.

 Les registres contiennent de très nombreuses sollicitations d’enfants demandant l’autorisation de faire chanter une oeuvre de leur composition. Lorsqu’ils étaient sur le point de quitter la maîtrise, les plus âgés des enfants allaient au chapitre et demandaient, dans une harangue en latin, la permission de faire exécuter et de diriger leur composition lors d’une grande fête.
On la leur accordait généralement, et ils venaient remercier ensuite, toujours en latin, le chapitre qui leur accordait dix à vingt livres pour les inviter à continuer… Ils composaient généralement des vêpres, des messes, des Magnificat, des Salve Regina, des Lauda Jerusalem, des motets.
Cette émulation favorisait l’éclosion de talents, et les maîtrises furent des pépinières de compositeurs et de maîtres de chapelle : à la fin du XVlllème siècle, Jumentier devint maître de chapelle à Senlis, à 18 ans, en 1767, puis à St Quentin où il a laissé une abondante production. Dans le domaine du chant, les enfants devaient avoir une jolie voix et une bonne maîtrise du chant. S’ils ne donnaient pas satisfaction, on les rendait à leurs parents.

A la mue, on les conservait et ils chantaient ensuite en haute-contre ou en voix d’homme. Les heures de répétition et de travail vocal étaient nombreuses et avaient surtout lieu dans l’après-midi et la soirée quand les offices étaient moins nombreux. Les heuriers matiniers – autrement dit les chantres qui chantaient les parties de basse-taille -, hautes-contre et basse-contre participaient aux répétitions qui précédaient les grandes cérémonies.
On en comptait, à la fin du XVlllème siècle, treize. En principe, la maîtrise ne chantait que pour la cathédrale ou les chanoines. Mais la règle s’assouplit peu à peu, et elle chanta un Te Deum pour la paix d’Utrecht en 1713 chez les Cordeliers; et pour la naissance du Dauphin en 1729. La maîtrise recevait parfois la visite des vicariants, ou chantres passants qui allaient, d’église en église, se faisant entendre moyennant une rétribution, la passade, Ils étaient populaires dans les maîtrises, où ils apportaient un souffle d’aventure…

 Les enfants apprenaient un instrument, le plus souvent l’orgue. Les organistes qui se succédaient à Chartres avaient pour obligation de former deux enfants d’aube à l’instrument.
Le système produisit des générations d’organistes de talent. Les autres apprenaient le serpent et le basson, et dans une moindre mesure la contrebasse et le violon.
Ils payaient leur apprentissage et leur instrument, mais ils avaient la possibilité, après avoir suivi les leçons, de-devenir heuriers matiniers instrurnentistes. Leur gagne-pain était alors assuré.

« Tant le matin que le soir, il y a musique de voix et d’instruments, comme de serpents, de Cornets et de flûtes douces, avec qui, le plus souvent, les orgues venant se joindre, On entend Une harmonie qui charme l’esprit des assistants », écrit Sablon dans son histoire de l’auguste et vénérable église de Chartres (1715).
Devoirs du Maître de grammaire (27 juin 1789) : 

1 – II demeurera à la Maîtrise et il s’y nourrira sans avoir de ménage particulier;
2 – Il présidera à la salle d’études quand Monsieur le Maître de musique n’y présidera pas;
3 – Il ne laissera jamais les enfants seuls et abandonnés à eux-mêmes;
4 . Il les conduira à l’église et les ramènera à la Maîtrise quand Monsieur le Maître ne pourra le faire;
5 – II présidera à tous les exercices de piété en son absence;
6 . Il aura autorité sur les enfants et droit de les corriger quand ils le mériteront; cependant, cette autorité sera subordonnée
 à celle de Monsieur le Maître, seulement quand il sera présent

Les chants liturgiques

La place des enfants dans les offices était considérable. Les jours ordinaires, les enfants de chœur étaient de Service pour les matines, les laudes, prime, la messe De Beata, la messe d’obit et tierce, la messe capitulaire, et sexte le matin. L’après-midi, none, vêpres et complies. Il y avait encore les processions et saluts.

 Matines 5h30 dimanche et fête (6h en 1784)
Laudes
Prime à 9h
Messe de 8eata chantée surtout par les enfants
Messe d’obit (Plain chant)
Retour à la maîtrise
Tierce (Plain chant)
Messe (Plain chant)
Messe capitulaire (Plain chant)
None 14h30 (Plain chant)
Vêpres

Aux grandes fête, les enfants exécutaient une musique beaucoup plus savante, avec symphonie.
Les cérémonies déroulaient un faste que l’on a peine à imaginer aujourd’hui. Les ornements très riches étaient portés par un nombre considérable de participants.
 A tous ces offices réguliers s’ajoutèrent, au fil des siècles, des offices fondés, c’est-à-dire créés à la demande d’un fidèle moyennant une fondation : processions de matines, chants à la messe De Beata on plaça par exemple deux enfants à genoux au milieu du chœur, un cierge à la main, après la peste de 1477), chants aux processions de la messe du jour, aux messes de fondations particulières, aux Obits, répons et versets après vêpres et complies, prières diverses..
Aux grandes fêtes, on ne dénombrait pas moins de 76 chanoines, 30 à 40 chapelains et 24 clercs de chœur qui étaient heuriers matiniers ou marguilliers clercs, et les 8 à 10 enfants de chœur. Ces derniers ont porté divers costumes. Le premier fut la soutane, appelée au XVème siècle roba, jaqueta, tunica, tour à tour brune, verte, noire, grise, puis rouge. Elle fut bientôt fourrée, ce qui ne plut pas toujours aux enfants malgré le froid qui devait régner dans la cathédrale. Ils avaient droit à deux tenues par an, l’une au printemps, l’autre au début de l’hiver.
Ils portaient par-dessus l’aube ou le sur-plis. Au XVlème siècle, on leur rajouta par-dessus, en hiver, le camail à longue queue pointue. Les enfants, qui avaient le crâne rasé, portaient une coiffure : au XIVème siècle, c’était le petit chaperon, capelli; au XVème, les biretta, petits bonnets carrés; au XVlllème siècle, ayant froid à la tête malgré le camail, ils portèrent une calotte rouge.

La fête des Saints Innocents
Un enfant était nommé évêque, et portait habits pontificaux, rochet, camail, croix pectorale, bâton pastoral et mitre. Les autres enfants étaient habillés en chanoines, et étaient vêtus du surplis, de l’aumusse, de la chape et occupaient les stalles.

 Les vrais chanoines étaient installés dans les stalles inférieures.
L’un des enfants était nommé grand chantre et il arborait le bâton cantoral.<
L’évêque officiait à la messe, chantée par un chanoine. A la fin de l’office, il donnait la bénédiction Solennelle, et l’on baisait son anneau.
Le soir, on célébrait la fête par un grand banquet.

Règlement :
Le règlement était très dur. Ainsi le lever, en été, avait-il lieu à 4 heures, et chaque office était intercalé par des études : la messe De Beata était suivie de l’étude du martyrologue, du latin, du catéchisme ; l’après-midi était occupée par le travail du plain chant, du chant sur le livre, de l’étude des instruments et des répétitions avec les maîtres de musique ou les heuriers. Un règlement de 1789 donne une idée de ce qui était imposé aux maîtres et aux enfants : Ces règlements n’empêchaient pas de nombreux abus : des maîtres furent condamnés pour avoir participé à des jeux de nuit, ou pour n’avoir pas dit le bréviaire ou entendu la messe le dimanche…Des élèves étaient punis pour s’être révoltés : la pression disciplinaire, trop forte, fut refusée par beaucoup à partir du XVllème siècle : en 1652, un enfant fut fouetté en public pour avoir eu une maîtresse, puis emprisonné huit jours et renvoyé. Les enfants n’avaient pas le droit de recevoir de personnes du sexe féminin, fussent-elles de leur famille. De nombreux enfants furent renvoyés pour des fautes bénignes manque de respect, insolence, désobéissance. Les chanoines toléraient difficilement la plus petite insoumission. Aussi arrivait-il que des enfants s’évadent. Ils étaient alors recherchés, repris, puis congédiés. La consigne générale était, pour les maîtres, de  » tenir  » leurs élèves.

Les divertissements consistaient en récréations, prises après les offices dans une cour de la maîtrise.
Ils jouaient alors au jeu de boules ou au jeu de paume.
Le jeudi, ils sortaient en promenade avec le maître.
Parfois, une courte permission de sortie était donnée le 1er janvier, ou pour les vendanges.
Parfois aussi, ils étaient conduits au théâtre, mais cela n’avait pas lieu tous les ans. A l’occasion de certaines grandes fêtes, à l’issue de processions, on leur offrait quelquefois un rafraîchissement, une douceur, voire un bon repas, et, le jour de Pâques, l’agneau pascal.

S’y ajoutaient les repas fondés par des fidèles : un certain Etienne Lhomme, en 1505, demandait que l’on ajoutât, après le motet de sainte Catherine,
 » au dîner des petits enfants, ledict jour, chacun ung pasté de cinq à six deniers tournois la pièce, et audict maistre ung grand pasté de trois sols tournois, et trois pinctes de vin et six petits pains blancs « .
Mais la grande réjouissance de l’année était la chevauchée : enfants et heuriers matinaux partaient pour une sorte de cavalcade, revêtus de déguisements, et allaient de monastère en monastère pour y faire joyeuse bombance. Fonctionnant comme une soupape de sécurité, ces fêtes permettaient un défoulement salutaire qui dura jusqu’à la Révolution.

Les enfants étaient logés et nourris, mais aussi habillés entièrement par le chapitre.

Celui-ci payait le blé pour faire le pain chez le boulanger, le vin, l’eau que l’on apportait chaque jour, et aussi lé bois, la viande, et le salaire de la servante.
Les livres de comptes donnent le détail de tous ces achats, jusqu’au plus petit, et permettent de reconstituer la vie quotidienne des maîtrises.
Ainsi, on sait que les maîtres de grammaire avaient des gages annuels de 40 à 50 livres ;
les maîtres de musique, des gages annuels d’environ 925 livres ;
les enfants, de petites sommes lorsqu’ils allaient aider les chanoines, pour leurs achats de papier, de plumes. A leur départ, ils recevaient, au XVlllème siècle, environ 150 livres.
A quoi s’ajoutait ce qu’on leur donnait lorsqu’ils composaient une messe, environ 10 livres. Quand ils quittaient la maîtrise, on leur cherchait un métier, on les plaçait et, au besoin, on payait pour qu’ils apprennent leur métier. Ceux qui voulaient devenir prêtres recevaient de quoi poursuivre leurs études. Mais le chapitre préférait les voir devenir heuriers matinaux, et c’est aussi ce que demandaient la plupart des sortants. Ils voulaient  » porter les draps », c’est à dire chanter ou jouer d’un instrument. Ils étaient alors rémunérés. On les aidait à compléter leurs études en les envoyant aux universités, en leur offrant une pension, même s’ils devaient quitter la cathédrale pour aller ailleurs.

Les Petits Chanteurs à la Croix de Bois à Toulouse le 7 octobreMerci à ce site sans qui, cet article n’aurait jamais vu le jour : http://www.msli.org/